Description de l'atelier / Panel description
Charlotte Thomas  1@  , Danielle Tan, Xavier Houdoy, Glen Chua@
1 : Centre d'études et de recherches internationales  (CERI)  -  Website
CNRS : UMR7050, Sciences Po
56 rue Jacob 75006 PARIS -  France

Panel presentation :

According to anthropologists VeenaDas and Deborah Poole, margins are territories where the State's law and order should indefinitely be reaffirmed. Margins should thus constantly be thought of in terms of their relationship to the center, State-led policies of inclusion and exclusion produce marginality. This marginality applies to every aspect of the daily life of the margins' inhabitants, from the enforcement of laws to the production of one's identity. Michel Foucault's position on the therefore non-existence of a pure exteriority summarizes this situation: “the margin is a myth”. Thus, margins appear as a product of the center, but cannot be considered or reduced to a passive object. Contrariwise, margins are autonomous political spaces, whose territorial as well as identity boundaries are shaped in interaction with the center. Interactions can be of different natures and range from collusion to resistance. In addition, living at the margins socializesinhabitants in a certain way that influences the social and political dispositions of their identity. In this respect, margins encompass both a territory and its inhabitants. Marginality can consequently be exported and displaced through its inhabitants. Using political science, geography and political anthropology, this panel explores the identity that is produced by margins located in India and in Laos. Two communications offer a special insight on margins by exploring “exported” marginality. Overall, studying margins andmarginality informs us on the production of the State.

 

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Résumé du panel :

Selon les anthropologues VeenaDas et Deborah Poole, la marge se définit comme un espace où la loi et l'ordre étatiques doivent sans cesse être réaffirmés. La marge est donc nécessairement pensée en relation avec le centre: les logiques étatiques d'inclusion et d'exclusion produisent la marginalité. Celle-ci a trait à tous les aspects de la vie quotidienne du « marginalisé », de l'application des lois à la production de l'identité nationale. Ainsi, pour reprendre la formule de Michel Foucault par laquelle il récuse l'existence d'une extériorité absolue : « la marge est un mythe ». Si la marge n'est donc produite que dans son rapport au centre, elle n'en est pas pour autant réduite à être un objet ou un acteur passif. Au contraire, elle est un territoire politique autonome dont la construction des frontières territoriales et identitaires se fait en interaction avec le centre. Cette interaction peut être de diverses natures, de la collusion à la résistance. De plus, vivre aux marges de l'Etat socialise l'acteur à cette marginalité qu'il intègre comme dispositions politique et sociale de son identité. Dès lors, la marge n'est plus uniquement un territoire mais également ses habitants : elle peut donc être véhiculée et même « exportée » vers le centre à travers ceux-ci. En mobilisant la science politique, la géographie et l'anthropologie politique, les quatre communications de ce panel proposent d'explorer la production de l'identité à laquelle donne lieu la marginalité en Inde et au Laos. Deux communications offrent par ailleurs un regard décalé en étudiant la marginalité « exportée ». In fine, ces regards portés sur la marginalité nous renseignent sur la production et l'entretien de l'Etat. 


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