Description de l'atelier / Panel description
Marine Al Dahdah  1@  , Khetrimayum Monish Singh  2@  , Rajiv Mishra  3@  , Sohan Prasad Sha  4@  , Vidya Subramanian  5@  
1 : Centre population et développement  (CEPED)  -  Website
Université Paris V - Paris Descartes, INED, Institut de recherche pour le développement [IRD] : UR196
CEPED - 19 Rue Jacob - 75006 Paris -  France
2 : The Centre for Internet and Society  (CIS)  -  Website
First floor, B 1/8, Hauz Khas, near G Block market, after Crunch, New Delhi, 110016. -  Inde
3 : Jawaharlal Nehru University, New Delhi  (JNU)  -  Website
4 : Centre for Studies in Science Policy, School of Social Science, Jawarharlal Nehru University  (JNU)  -  Website
5 : Independent researcher

Panel presentation :

Digital objects have become a central matter of concern for international scholars with the growing importance of data collection, dataveillance mechanisms and data centered techno-political model of contemporary governance. This new nucleus of data relates with variety of factors which are shaped by their environment and sites of implementation; therefore they call for situated analysis and a specific attention to their particularities.

For this reason, we propose to revisit the notion of imperialism in the context of data driven models of governance in the Global South. Here site(s) makes an important point and place of analysis, since the very idea of differentiated technological development between global south and north, brings the importance of interlinked flows of humans, trends and technology. In this we need to reconcile the local sites and global trends which are linked through infrastructures, norms, uses, skills, objects and data. In order to do this, we mobilize two sets of conceptual and analytical tools: those offered by Science and Technology Studies on one hand, and those given by Postcolonial Studies on the other hand. The STS approach encourages to consider digital objects as socio-technical artifacts with politics; to deconstruct the materiality of objects, the methodologies that structure them, the human-objects relationships that shape them. The post-colonial approach put into question the North-focused approach which is dominant in the study of technology; it insists upon geopolitical power relations and inequalities, but also upon techno-cultural hybridization processes and it gives voice to actors that are usually invisibilized by dominant discourses. Combining these two approaches, we suggest that the notion of imperialism is relevant in the study of digital governance since it points that new technologies are part of long-term power relationships; at the same time we have to specify the peculiar forms under which imperialism unfolds.

Our argument is based upon different case studies related to digital governance in South Asia: mobile health projects, track & trace devices, identification politics, digital media strategies in India and Nepal.

 

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Résumé du panel :

Avec l'importance croissante de la numérisation des données, les mécanismes de surveillance numériques et les nouveaux modèles de gouvernance numérique, les objets numériques sont devenus de nouveaux sujets d'étude pour les chercheurs du monde entier. Cette mise en données du monde renvoient à des assemblages technologiques, juridiques, économiques, politiques et sociaux qui caractérisent ces objets numériques et dépendent de l'environnement et du contexte de leur insertion. Par conséquent, cette numérisation du monde appelle à des analyses situées et nécessite une attention particulière aux spécificités locales de sa mise en œuvre. Pour cette raison, nous vous proposons de revisiter la notion d'impérialisme dans le contexte contemporain des modèles de gouvernance numérique en se penchant sur les relations de pouvoir en jeu dans des projets numériques déployés en Asie du Sud. Ces sites particuliers de déploiement d'objets numériques dans les Suds constituent des lieux d'analyse pertinent et invitent à une réflexion sur l'idée omniprésente d'un développement technologique différenciée entre les Suds et les Nords et sur l'importance des flux interdépendants d'humains, de savoir-faire techniques et de technologies numériques à l'œuvre. Ainsi, nous souhaitons concilier des sites locaux et des tendances mondiales qui sont reliés par des infrastructures, des normes, des usages, des compétences, des objets et des données. Pour cela, nous mobilisons deux ensembles d'outils conceptuels et analytiques: ceux offerts par les études du champs STS (Sciences, techniques et Société) d'une part, et celles données par les études postcoloniales d'autre part. L'approche STS encourage à considérer les objets numériques comme des artefacts sociotechniques et politiques ; à déconstruire leur matérialité , leurs méthodologies, et les relations humains-objets qui les façonnent. L'approche postcoloniale remet en question les approches issues des Nords qui sont dominantes dans les études des Sciences et des technologies; elle insiste sur les relations et les inégalités Nords-Suds mais aussi sur des processus d'hybridation techno-culturelle , enfin, elle donne la parole aux acteurs qui sont habituellement invisibilisés par les discours dominants. En combinant ces deux approches, nous proposons d'étudier la gouvernance numérique au prisme de l'impérialisme car ce concept permet d'inscrire les nouvelles technologies numériques dans des relations de pouvoir anciennes et en même temps, de préciser les formes particulières que l'impérialisme numérique recouvre. Notre argumentation se fonde sur différentes études de cas relatives à la gouvernance numérique en Asie du Sud: des projets de santé par téléphone portable, des politiques d'identification numériques nationales, des stratégies des médias numériques, en Inde et au Népal.


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